Les auteures de Folies de Femmes

Depuis quelques années, les éditions Blanche nous donnent rendez-vous chaque année pour la publication d’un recueil de nouvelles érotiques qui réunit les plus talentueuses des auteures  du paysage littéraire érotique actuel.

Cette année, découvrez Folies de Femmes, recueil de nouvelles articulé autour du thème de la folie amoureuse. Thème riche et évocateur, cette folie nous entraîne vers des cieux insoupçonnés où nous nous perdons avec délice...

À cette occasion, le Blanche Mag a invité plusieurs auteures du recueil à nous donner leur définition de la « folie amoureuse ». Emmanuelle Poinger, Clara Basteh, Ninon de B., Anne Bert, Elizabet Herrgott et Andréa Luccella se sont prises au jeu. Voici leurs réponses...




  • EMMANUELLE POINGER :
 « Ce moment où l’on se laisse submerger par ses sentiments au point de ne plus se laisser guider que par eux »

C’est vrai que cela rend fou, de tomber amoureux. Ne dit-on pas d’ailleurs de l’être aimé : « il me fait perdre la tête, je suis folle de lui, je suis raide dingue de lui, j’en suis toquée… »
Autant d’expressions qui font référence à la folie…
La folie amoureuse, c’est ce moment d’une histoire où l’on se laisse submerger par ses sentiments au point de ne plus se laisser guider que par eux, au point de franchir toutes nos limites en dépit de toute raison, de toute morale, de toute retenue, de toute pudeur.
Cette forme exacerbée et irrationnelle d’amour ne dure qu’un temps et heureusement pour notre équilibre nerveux, car dans cette période, on fait toutes des choses incroyables, totalement déraisonnables et qui nous amènent à vivre des aventures parfaitement inracontables.
Des exemples de folies amoureuses ?
Je peux vous parler de Caroline, qui s’est totalement épilée le sexe et LUI a envoyé le produit de son forfait en Chronopost.
Sophie, elle, a fait 800 bornes en pleine nuit, dans une vieille deux-chevaux pourrie, avec cinquante francs en poche, pour aller passer deux heures dans SES bras, alors qu’IL était en escale dans un port à l’autre bout du pays.
Coralie LUI a envoyé, par MMS, pendant des mois, des photos de sa petite culotte et de ses porte-jarretelles, photos qu’elle prenait sous sa jupe, en conduisant sur la route du bureau.
Ingrid s’est mise au parapente alors qu’elle avait le vertige, pour planer avec LUI.
Françoise a explosé son forfait téléphonique à force de LE faire jouir à distance en lui racontant tout ce qu’elle aimerait LUI faire.
Amandine a pris pour LUI une carte de fidélité chez Chambre 69.
Sandrine, elle, s’est fait engager comme strip-teaseuse professionnelle pour L’approcher alors qu’elle ne LE connaissait que de vue.
Carine s’est donnée à une femme à SA demande, pendant qu’IL faisait des photos.
Et la plus folle de toutes, à mon avis, c’est quand même cette sacrée Cécile qui a renoncé à une soirée « filles » au Macumba Beach pour L’accompagner au Vélodrome voir un match de l’OM…
Moi ? Ma plus grande folie ? Je LUI ai écrit…


  • ANNE BERT :
« Une folie lucide qui prétend à la liberté d’être fantasque, bizarre, hors norme... »

Le thème  érotique Folies de femme m'évoque une atmosphère proche du surréalisme,  un espace de liberté débridée qui s'apparente à "l'écriture automatique" que rien ne vient maîtriser ou corriger par convenance ou souci esthétique. On peut explorer tous les champs des possibles, jusqu'aux contrées les plus inconnues. Comme une montée d'adrénaline baroque, avec tous ses excès et ses tensions, les sens gouvernent de façon primitive, et ça fait du bien de faire exploser ce carcan de fais pas ci  fais pas ça. C'est le trouble infini de l'esprit tout autant que celui des corps, cet esprit qui soudain se contrefiche des codes sociaux et moraux ou mieux qui les transgresse avec jubilation et fureur. Le corps exprime ses exigences et réclame son dû. La raison bascule certes, mais sans toutefois être perdue à jamais, bien au contraire. C'est une folie lucide, si j'ose cet oxymore, créatrice,  qui prétend à la liberté d'être fantasque, bizarre, hors normes, où l'on se révèle finalement  nos penchants secrets sans crainte de jugement,  nos fascinations et nos psychoses aussi. La succulence de l'instant de fureur érotique est en elle-même une jouissance de l'esprit, bien avant celle du corps. Ce n'est pas l'esprit qui est vaincu, c'est la raison. On assiste à sa mise au tapis avec effroi puis joie. L'audace  est toujours un peu cruelle. C'est d'ailleurs tout le paradoxe : les sens et le sexe  mènent le jeu, mais en contemplant ce malstrom, l'esprit  libéré exulte finalement, il ne déconnecte pas. C'est uniquement sans doute dans ces instants là que l'on peut avoir une idée de ce qui se passe dans notre subconscient  trop bien planqué à l'abri  des censeurs de tout poil, nous compris. Il ne s'agit pas d'hystérie, de dérèglement psychique profond et invalidant bien sûr, comme voudraient nous le faire croire les obscurs bien-pensants qui se sont appliqués depuis la nuit des temps à nous persuader que la femme encline plus que de raison aux  choses du sexe n'est qu'un sujet hystérique.
Et c'est dans ces instants débridés de folies érotiques que les femmes se permettent d'exister au-delà de toutes les injonctions des uns et des autres, qu'elles soient personnelles, culturelles ou sociales. Parfois de façon inconséquente, forcément,  puisque la pulsion génératrice peut, lorsque l'on navigue dans  les extrêmes, être tout autant destructrice :  mais c'est le propre de l'enjeu érotique...il n'y a pas d'assurance tout risque et c'est ce qui est excitant.


  • ELIZABETH HERRGOTT :
« Dès cet instant, je suis à ses pieds... »

Un singulier bien-être, une satisfaction de puiser dans mes excès de joies physiques les éléments d’une exaltation de l’esprit…
Pour que ma folie pour un homme s’emballe, il me faut des mains capables de palper ma chair, des mains fines, longues, aux doigts et à la paume évocateurs… et des yeux troublants.
C’est alors que mon appareil à illusions se redresse. ô mystère ! ô folie, la porte est ouverte, ma chatte aussi. Fébrile, elle se dilate comme une anémone… une anémone de mer à la marée montante. Et je meurs d’amour pour lui, je le baise, tout ce qu’il me laisse baiser… et surtout son adorable cul.
Dès cet instant, je suis à ses pieds, un sentiment immédiat grandit et ne me laisse plus de mots, sans souffle, je vais lui obéir, accomplissant toutes ses volontés. Je n’ai plus d’orgueil, je suis une chienne.

  • ANDREA LUCCELLA
"La Folie d'une Femme est un secret à  fleur de peau"

Beauté racée en Recto - Femelle coulante de cyprine en Verso.
Pile : Blanche-Neige - Face : Khâlî.
Pile, j'époussette, je cuisine, je souris, j'équilibre, je gère ...
Face, je crève loin de toi, le rut aux reins ... Mes lèvres nacrées de ta sève ... Me damner pour tes bruits mouillés de bouche sur moi. Me livrer, pieds et poings liés, agonisant d'entendre tes tendres ordures. Humer tes sous bois, lécher tes reliefs. Soupirer ténu sous ton poids et geindre en frôlant la transe de me sentir remplie de toi ... de toi ... mon Mâle ...
 
Folies de Femmes ...  Fascination, invasion ... Savoir, juste savoir, que le délire est à portée de mains. Savoir que nos mondes peuvent imploser d'un claquement de doigts. Se dire un beau matin, que ce jour est le bon, que ce jour est un bon jour pour ... vivre ou mourir ... Ma tête contre le volant de ta voiture, ta queue dans ma bouche, nos vies basculant comme deux corps salés d'embruns au bord d'une falaise.
La Folie d'une Femme est un secret à fleur de peau.

L’antre du Maître de Clara Basteh et plantes carnivores de Ninon de B. Deux femmes, deux nouvelles, deux visions de la folie amoureuse :


CLARA BASTEH : Lorsque Franck Spengler m’a proposé la participation à « Folies de femmes », j’ai tout de suite pensé aux pratiques de domination et de soumission. Elles ne sont pas et loin de là, le commun du lit conjugal et je me suis dit qu’au-delà des conseils prodigués à longueur de guides pratiques, le sexe avait encore une autre dimension ; la dimension du fruit vraiment défendu ! Cette nouvelle, l’antre du Maître, un brin humoristique comme celles qui l’ont précédée, raconte une expérience de soumission scénarisée. Un couple, un Maître, la complicité entre le mari et ce dernier afin d’amener la soumise à se libérer de ses tourments, qu’on découvrira bien innocents, en s’abandonnant avec délices à un viol collectif. C’est une folie, une folie de femme !

Extrait de L’antre du Maître

« Je m’allonge sur une sorte de plaque étroite et glacée. Je pose ma tête de côté et ramène mes bras en corbeille au-dessus de ma tête… Me voilà étrangement confiante. Le Maître m’ôte mon string avec délicatesse et retrousse ma robe pour dégager mes fesses nues… Ça va commencer… Il passe une large sangle autour de ma taille et la boucle fermement dans mon dos. Une seconde sangle vient enserrer ma cage thoracique au-dessus des seins… Mes poignets sont attachés aux pieds de la table, si c’est une table, puis vient le tour de mes chevilles… Mes cuisses sont entravées à leur tour, juste en dessous des fesses. On me place enfin un collier de cuir…J’entends un grand bruit de chaînes que l’on traîne au-dessus de moi… Non, pas ça… Reste calme, fais comme au cinéma, pense à autre chose et respire… »


NINON DE B. : Il est difficile de donner une définition précise et surtout définitive de la folie amoureuse, qui varie selon les partenaires, l'humeur du moment, les évènements extérieurs, tant d'impondérables qu'on ne peut ni prévoir, ni gérer...Qui dit folie, dit inconscient, pulsions fondamentales de vie et de mort. C'est pourquoi, dans "Plantes Carnivores", l'envie de tuer rôde, omniprésente:d'abord tuer l'amant qui a le tort, aux yeux de l'héroïne, de l'attirer sexuellement de façon irrémédiable, et donc de la priver de sa liberté . Ensuite de tuer l'époux, qui n'a jamais su la satisfaire . La folie commence quand il y a passage à l'acte....

Extrait de Plantes Carnivores

« Et puis je vis ces cuisses fabuleuses… Mes jambes fléchirent sous les coups de boutoir du désir. J’attendis, la tête bourdonnante, que mon plombier, J.-C. comme Jésus-Christ, finisse son ramonage. Je feignais de ranger des cartons qui s’accumulaient au fond du garage (je n’ai jamais été un as du rangement), mais j’étais absolument incapable de soulever une paille. J’étais comme brisée, transpercée par des décharges à mi-chemin entre la douleur et la volupté, une volupté qui n’avait rien à voir avec les secousses minables de l’orgasme de la masturbation que je pratiquais encore la veille, il y avait plus de cent ans de là. Je regardais J.-C. à la dérobée. J’admirais ses épaules, son torse, son cul, et je revenais sans cesse vers ses cuisses qui saillaient sous sa salopette. Lui travaillait calmement, tout en souplesse. Il me semblait que lui aussi me regardait de temps à autre. Tu rêves, ma fille, me disais-je. Il a peut-être vingt ans de moins que le sac d’os que tu es devenue.
Nous nous sommes retrouvés coincés sur le seuil de la porte d’entrée, face à face. Il était encombré par son aspirateur qu’il tenait derrière lui. J’ai posé ma main sur sa bite. Il bandait dur. »
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