Guillaume Perrotte

 

Vos quatre romans évoquent le couple et ses tourments. Expliquez-nous pourquoi.
Tout d’abord je vis en couple depuis maintenant plus de 18 ans, je suis donc majeur pour en parler sans tabous ! Plus sérieusement, le couple est une formidable aventure humaine ; inconsciemment l’alliage de deux névroses. Névroses qui, dans mes romans, sont surtout sexuelles. En fait, ce sont les dérives charnelles au sein d’une union qui me fascinent. L’atavisme familial joue également un rôle dans chacune de mes histoires, davantage rouges que roses. D’autre part, ma vie de tous les jours alimente mes textes qui, sans être autobiographiques (mon existence privée serait dans ce cas un véritable enfer !), puisent leurs sources dans le réel. C’est d’ailleurs le réel qui m’intéresse, et qui interpelle le lecteur.

 

Pour vous, le sexe dans le couple rime-t-il obligatoirement avec souffrance ?
Oui et non. Dans la réalité, la sexualité d’un couple, s’il veut durer, doit forcément évoluer. Or, dans ce domaine-là, celui de l’intime, cette mutation personnelle, comme toute évolution individuelle, passe obligatoirement par des phases de souffrance morale. Mais en même temps, ce sont ces phrases de douleur psychique qui décuplent l’intensité physique de mes personnages. C’est d’ailleurs sur cette base de douleur que débute généralement mes romans. Quand cette mutation n’est pas partagée. C’est tout de même quand tout se détraque qu’une histoire érotique entre un homme et une femme devient palpitante. Du moins en ce qui me concerne ; je suis un brin « Zulawskien » dans le traitement de mes séquences sexuelles ! Mais j’aime ce survoltage charnel, et Dieu sait qu’il est puissant dans mon dernier livre Un Amour trop mortel

 

Justement, parlez-nous en.
Dans ce livre j’ai voulu aborder, en plus de celui de couple, le thème du deuil amoureux, qui est aussi celui de la résurrection amoureuse. Car, sans raconter l’histoire, c’est tout de même celle d’un mari qui perd son épouse dans un accident et qui parvient à la ramener dans son lit, du moins dans un sens. Ainsi Max va-t-il revivre avec elle, cette épouse « ressuscitée », les dernières heures torrides de son existence, tout en ressentant ces moments forts, pulsionnels, avec une rare intensité, une incroyable extrémité amoureuse.

 

Un Amour trop mortel n’est-il pas finalement votre premier roman d’amour ?
Peut-être ! Il est sûrement moins « froid », moins « clinique » que les précédents, surtout dans le style. Selon moi, il est mon texte le plus littéraire. Sans doute parce que le sujet demandait à être traité avec un certain romantisme noir, contrairement à Sex Addict, plus journalistique, plus scénaristique dans l’écriture, bien que tout aussi troublant dans le fond et excitant dans la forme. Cette fois, le traitement est très passionné ; le héros mystifie littéralement son épouse défunte jusqu’au seuil de la folie !


Votre écriture reste noire. Les polars vous inspirent-ils ?

Oui. Ce rythme-là est celui que j’adopte. Je traite un peu les scènes de sexe comme des scènes de meurtres. Jusqu’à maintenant, mes héros ressemblent un peu à des sexokillers. C’est vous dire dans quel état mental je me trouve quand j’écris mes scènes d’amour !


Les boîtes échangistes sont présentes dans tous vos romans. Pourquoi ?
Parce que j’y passe toutes mes nuits avec ma femme. Non, je plaisante… Je trouve juste ces lieux de débauches aussi répulsifs qu’attractifs. Les vraies personnalités, les fantasmes les plus enfouis, les désirs les plus glauques se révèlent au grand jour dans ces endroits tamisés. Des couples y laissent leurs futurs, ou à l’inverse s’y construisent un nouvel avenir charnel. C’est l’un des lieux communs des romans érotiques qui est fascinant, un peu comme un commissariat peut l’être dans les polars ; un décor presque incontournable du genre, visuel dans l’écriture, où les corps et les esprits avouent le pire comme le meilleur et où parfois on peut s’amuser.

 
A ce propos, écrirez-vous bientôt un roman érotique plus axé sur la comédie ?

C’est prévu ! Sans être moins hot, les scènes de cul seront vraiment ludiques, voire franchement drôles. Et plus contemporaines et actuelles que jamais ! En tout cas je m’amuse bien en les écrivant, tout en étant excité par les situations corsées que je fais vivre à mes personnages principaux, principalement des femmes, très décomplexées. Et l’excitation est impérative quand on œuvre dans le licencieux !

 


Pour en savoir plus sur Guillaume Perrotte et son oeuvre

 

 

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