Le porno d'intérêt publique

Un porno financé par des subventions publiques ? Non, vous ne rêvez pas, la Suède a osé ! Le très sérieux Institut suédois du film vient de décider d’investir 35 000 euros dans le porno. Mais pas n’importe lequel. Un porno engagé en faveur de la cause des femmes.  L’Institut suédois du film soutiendrait ainsi financièrement « la création artistique et la réflexion autour de l’égalité entre les sexes ». Ses détracteurs sont nombreux, et paradoxalement surtout du côté des femmes. Beatrice Fredriksson, membre du parti modéré et fondatrice d’un blog antiféministe, ne veut pas en entendre parler : « Que l’État décide que le porno féministe puisse être de l’art mais que le porno traditionnel est répréhensible n’est rien de plus qu’une moralisation paternaliste, qui envoie de mauvais messages dans le débat sur l’égalité. »


Pourtant le projet, si il se veut féministe, n’est pas aussi subversif qu’il en a l’air. Nom du projet : Dirty Diaries, soit douze courts métrages, qui visent à pervertir les codes d’un genre imposé par les hommes, en plaçant uniquement des femmes derrière la caméra et en filmant le désir féminin.
En 2002, Mia Engberg, à l’origine du projet, avait déjà réalisé un premier film érotique, Selma et Sofie, qui racontait la passion d’une jeune femme pour sa prof de natation. En 2004, elle récidive avec un court métrage à l’occasion du Festival du film de Stockholm, qui montre le visage de femmes pendant l’orgasme. Mais les réactions la déçoivent : « Les hommes les trouvaient moches. » Frappée par le fossé entre la sexualité ordinaire vécue par les femmes et les fantasmes des hommes issus de la pornographie industrielle, elle décide de réagir en lançant un nouveau projet, plus ambitieux.

Les femmes doivent réaliser un film de moins de quinze minutes avec la caméra d’un téléphone portable. Le DVD, sorti le mois dernier en Suède, est accompagné d’un manifeste, qui encourage les femmes à ne pas succomber aux canons de la mode, mais à revendiquer leur droit au plaisir. Le résultat ? Certains films reprennent les vieilles ficelles du porno traditionnel. D’autres sont plus aventureux : Dans Dildoman, un film d’animation, deux femmes géantes transforment le client d’un bar de strip-tease en sextoy, se l’enfoncent dans le vagin et finissent par le casser en deux ! Dans Flasher Girl on a Tour, tourné à Paris, l’héroïne se masturbe en public, sur le balcon d’un hôtel, le quai d’un métro, au café du Ritz !
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